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La presse parle d’une ère nouvelle, d’un moment historique pour les démocrates africains. L’opposant Alpha Condé, qui fut sauvagement persécuté sous les dictatures militaires précédentes, a été proclamé vainqueur, et l’armée a fait la fête.

A 72 ans, « l’éternel opposant » Alpha Condé a enfin réussi. Il a remporté le second tour de l’élection présidentielle en Guinée, même si les résultats définitifs officiels n’ont pas encore été validés par la Cour suprême. Il peut même se glorifier d’être le premier chef d’Etat librement élu dans l’histoire de ce pays.

Sur sa page Internet il promet de réconcilier la nation et de sortir la Guinée de la pauvreté. La tâche sera rude. Près d’un Guinéen sur quatre est sous-alimenté, un tiers à peine de la population adulte sait lire et écrire. Cette misère est à mettre sur le compte de dirigeants corrompus et égocentristes. La Guinée pourtant, pourrait être un pays florissant. Elle est riche en ressources naturelles comme le minerai de fer, le nickel, l’or et les diamants. Elle possède même la moitié des réserves mondiales de bauxite.

Alpha Condé a été sauvagement persécuté sous les dictatures militaires précédentes, a été proclamé vainqueur, et l’armée a fait la fête. Après 52 ans à la tête du pays l’armée perd en fait son pouvoir, A l’évidence le chef de la junte militaire Sékouba Konaté, qui a initié la démocratisation de la Guinée, s’est arrangé avec Condé: un compromis historique à l’heure zéro de la Guinée.

La victoire électorale de Condé, si elle vient couronner la démocratisation du pays, est aussi une arme à double tranchant. Avec 52,5 % des voix, Condé a une avance de 142 000 voix seulement sur Celou Dalein Diallo. Cet ancien premier ministre et représentant des Peuls n’a pratiquement pas pu augmenter ses 43% du premier tour, Alpha Condé ayant regroupé sur son nom presque toutes les autres ethnies du pays. Et la Guinée sort divisée de cette élection: la moitié Est est entièrement acquise à Condé, la moitié Ouest, à l’exception de Conakry, la capitale, est complètement acquise à Cellou Dalein Diallo.

Les Peuls de Guinée passent dans le pays pour les détenteurs du pouvoir économique, mais n’ont jamais fourni de président. Les Malinkés, l’ethnie d’Alpha Condé, comptent parmi eux le chef de la junte, Sekouba Konaté. Beaucoup de Peuls s’estiment donc victimes d’une immense conjuration des militaires et du Mali, d’où est originaire le chef de la commission électorale guinéenne.

AfriqueActu

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