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 Lorsque le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) guinéenne, le général malien Siaka Toumani Sangaré fixait la date du second tour de l’élection présidentielle pour le 31 octobre prochain, beaucoup trouvaient sa proposition irréaliste. Mais l’on comprenait le général Sangaré. Arrivé à la tête d’une institution dont les deux précédents présidents, Sékou Ben Sylla et Louncény Camara, ont été tour à tour controversés dans une Guinée déjà en ébullition, il était pressé, comme beaucoup d’autres personnes d’ailleurs, d’en finir avec ce second tour. Mais finalement, cette date ne tenant plus, une solution médiane est tout de même trouvée.

 

 

 

En effet, lors d’une réunion tenue le mercredi 27 octobre et qui regroupait les deux candidats Diallo et Condé, le président de la CENI et les autorités religieuses, le président de la transition, Sékouba Konaté, a fixé le 7 novembre prochain pour ce fameux second tour moult fois reporté. Le général Sékouba a coupé la poire en deux, à bien des égards. En effet, pendant que Alpha Condé ne trouvait rien à redire sur la date du 31 octobre, Cellou Dalein Diallo, s’accrochant au Code électoral, demandait un recul de deux semaines au moins. En principe, en reculant la date d’une semaine, l’on peut dire, pour reprendre les termes du général Sangaré, que le 7 novembre est une date « consensuelle et irrévocable ». Ainsi, si tant est que les deux candidats veuillent donner tort à ceux qui pensent qu’ils n’ont aucun sens du patriotisme et veulent mettre leur pays à feu et à sang, ils doivent accepter la proposition. Seulement, il subsiste un problème malgré tout, et non le moindre. Le motif officiel du report du scrutin est de permettre aux deux candidats de rétablir le calme chez leurs partisans. Les tensions ethniques et régionalistes ont pris des proportions inquiétantes au pays de Sékou Touré. En effet, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo ont réussi, en moins d’une année, la triste prouesse de diviser leur pays en deux camps qui nourrissent, l’un contre l’autre, une haine viscérale. Et l’on se demande si ces deux hommes qui ont longtemps allumé le feu peuvent, à brûle-pourpoint, réussir leur mission de pompiers. A ce rythme, l’on se demande qui de Diallo ou de Condé sera élu pour faire le consensus au soir du 7 novembre. Tout compte fait, le pays de Sékou Touré n’est pas sorti de l’auberge si chacun des candidats, en acceptant tout de suite d’aller à l’élection, y va en se disant tout bas : « c’est moi ou le chaos ».

Pour éviter des violences post-électorales, Diallo et Condé doivent jouer franc jeu. Le général Sékouba leur aurait proposé des tournées prises en charge par l’Etat, dans des villes où le climat est délétère. Une belle occasion pour chacun d’eux de faire comprendre à ses militants que les règles démocratiques veulent qu’il y ait forcément un perdant au soir du 7 novembre et qu’il pourrait l’être. Mais la tournée qui devait être effectuée par les deux leaders pour tenter cette réconciliation des militants, a lamentablement échoué. Elle n’a pas eu lieu. La paix des coeurs est pourtant la condition sine qua non pour que la Guinée retrouve enfin la quiétude, la stabilité et la démocratie tant souhaitées.

Boulkindi COULDIATI - AfriqueActu -

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