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"Entre deux individus qui s’attirent, le pulaaku impose l’introversion dans leurs relations. Une personne qui aime ne doit pas le montrer par des signes apparents, même face à l’être aimé."...

Quelques extraits :

« Le pulaaku est l’ensemble des valeurs socio culturelles des Fulbe. Il est à la fois leur manière de vivre et leur raison d’être. C’est donc une éthique qui définit la philosophie et les règles de la vie individuelle et collective.

L’homme pénétré de SEMTEENDE*, autrement dit, l’homme capable de régler ses actes avec retenue, réserve, pudeur, dans le sens de l’honneur et qui peut se sentir peiné, gêné, diminué en cas de transgression de cette ligne de conduite, cet homme-là incarne le puulaku ; il est pétri d’éthique peule. Agir dans le sens contraire exprimerait un état primaire. En effet ne dit-on pas que « mo semtataa, ladde mum yaasnde » ? Ce qui littéralement signifie : « Qui manque de SEMTEENDE a un vaste chanps d’action. ». SEMTEENDE peut être traduit par HONTE.

A cette dimension fondamentale du pulaaku qu’est le semteende, viennent se greffer deux autres composantes non moins importantes qui sont le MUNYAL et le HAKKIILOMUNYAL peut se traduire par le terme français « patience ». Il exprime une aptitude à supporter désagréments et malheurs… et HAKKIILO pourrait être traduit par le terme « intelligence ». Il exprime la capacité d’un individu à pouvoir observer et comprendre son milieu social et naturel pour s’y adapter…

Pulaaku, défini par semteende, munyal et hakkiilo est une valeur identitaire des fulbe. En effet, tout Pullo est supposé avoir du pulaaku. Certes, il peut faillir dans sa conduite, mais il se distinguera toujours par quelques traits de pualaku. « Laasel pulaaku seexan non tayataa », (quelque mince que devienne la fibre du pulaaku, elle ne rompt jamais. »

Ce qui veut dire que quand on est pullo et qu’on a reçu l’éducation peule, on garde de manière indélébile la marque du pulaaku. Cependant le pulaaku n’est pas une propriété biologique, mais une valeur sociale assumée. « Le pulaaku n’est pas lié à la couleur de la peau, mais à la volonté morale » rappelle le Pullo….

L’acquisition du pulaaku se fait par voie d’obligation. L’enfant doit observer les règles établis…

Dans l’expression des sentiments, la règle générale dictée par le pulaaku est l’inhibition. Les sentiments doivent être dominés, voire dissimulés, et leur extériorisation évitée à tout prix.

Le Pullo ne doit pas exprimer sa joie ostensiblement. Même rire aux éclats est déconseillé…. Comme la joie, la peine morale ou physique doit être contenu, dominée. Les vers d’Alfred de Vigny dans « La mort du loup » : « Gémir, pleurer, crier est également lâche…souffre et meurs sans parler » trouvent leur équivalent dans l’expression peule : »Pullo maayran mbalu mbaalu ». (Le peule meurt à la manière du mouton), c’est-à-dire silencieusement…

La colère doit être maîtrisée…

L’amour est un sentiment qu’il faut dominer. Entre deux individus qui s’attirent, le pulaaku impose l’introversion dans leurs relations. Une personne qui aime ne doit pas le montrer par des signes apparents, même face à l’être aimé. L’aveu explicite est très rare, même de la part d’un homme et il ne doit jamais venir d’une femme. En public, l’homme et la femme, même mariés, feignent de s’ignorer. Ils s’évitent. Cette attitude est décrite par Marguerite Dupure :« Mari et femme ne s’appellent jamais par leurs noms… et n’expriment aucune marque apparente d’affection ».

Si un enfant peut librement exprimer son amour envers ses parents, ceux-ci, par contre, sont tenus de taire leur affection et de manifester une apparente indifférence envers leur progéniture.

Le pulaaku, âme de l’ethnie peule, est aujourd’hui menacé dans certains de ses supports…. Son dynamisme d’antan peut revivre pourvu que les Fulbe eux même veuillent bien sauvegarder et restaurer leur culture. Une prise de conscience doublée d’un refus d’aliénation y contribuerait certainement. A la condition toutefois que les Fulbe se débarrassent de tout complexe d’infériorité d’où qu’il vienne, et qu’ils recouvrent leur fierté et leur sentiment de grandeur, tout en ayant pleine confiance en leurs valeurs culturelles. »

LE CERCP (Cercle d’Etudes et de Réflexion su la Culture Peule) fondé au Cameroun; Extrait du Pullorama No 1 (3 euros)

*** Je n'ai pas eu la facilité de faire du "copier-coller". J'ai saisi ces extraits , Vous faites l'effort de lire ? MERCI.

Que reste-t-il aujourd’hui du pulaaku tel qu’il a été transmis ou enseigné ? Pour le découvrir ou en savoir plus consultez Pullorama numéro 1, écrit par le CERCP * fondé au Cameroun.

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SAFI BA

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