Fils d'un brillant instituteur aujourd'hui retraité, sorti de la grande université d'Al-Azhar au Caire en Égypte, vieux compagnon de Yoro Dooro Jallo et de Jiggo Tapsiir, (l'ancien ministre mort tragiquement dans la sinistre prison de Oualata).Jamal a obtenu son DEA de philosophie à l'université cheikh Anta Diop de Dakar sous la direction des éminents professeurs Abdoulaye Elimane kane et Souleymane Bachir Diagne après avoir fait ses études secondaires à Kaédi et primaires à Rindiaw dans le fuuta tooro où il passa son royaume d'enfance de jeune cultivateur, d'éleveur et observateur des dures réalités de la vie.Durant son enfance entre Koundel, Garli, Rindiaw,... Souvent dans le plus fort silence de la nuit en sanglotant, nombre de femmes battues, divorcées et maltraitées venaient confier leur terrible misère à son sage papa, nous raconte-t-il dans le long entretien qu'il a bien voulu nous accorder ci-dessous. (cf : photos Jamal en pièces jointes).Un jour, une histoire marqua profondément le jeune Jamal. Une femme ensanglantée se présenta à son père, elle avait le dos complètement lacéré, partout des lambeaux de peaux mêlés de sang, son mari en s'en prenant à elle avait usé de fils électriques(boggi courant).
Aussitôt cette nuit même le père de Jamal convoqua le mari de cette dernière et lui demanda les raisons de cet abominable acte. Celui-ci lui répond, qu'en mangeant la femme laissait échapper des graines de riz sur le sol (so mo nyaama omo rufa marro).- Le père : et ensuite ?- L'homme : cela ne m'a pas plu, je me suis pris à elle.- Le père : tan (seulement) ?- L'homme répondit : tan (seulement) !- Le père : tu sais, à l'époque où nous sommes, les hommes se concurrencent beaucoup pour aller sur la lune, savoir ce qui se passe au fond des mers, bref faire des découvertes qui peuvent servir l'humanité plutôt que de se mettre à battre leur femme.L'homme ne savait quoi répondre, il eut très honte et baissa la tête...Voici donc pour vous la suite de l'entretien :
Il n'est pas aisé de parler de soi, car comme le disait Pascal «le moi est haïssable», il peut toujours apparaître comme une absence de modestie, une absence de retenue et d'un désir profond d'exhibitionnisme oppressant. De surcroît, les valeurs du pulaagu qui ont beaucoup façonné ma personnalité comme le semteede (gacce) ne facilitent pas ce genre d'exercice. Cependant Hugo écrivait dans les contemplations: «En parlant de moi, je parle de vous». Peut-être en extériorisant "mon moi", en parlant de "mon je", autrui peut s'y reconnaître. De toute façon dans les sociétés traditionnelles, celles, de l'Afrique en particulier, la frontière entre le "moi" et le "vous" est très minces. Car dans ce milieu, la société détermine, conditionne et définit le "je personnel": l'individu n'est qu'intériorisation des normes sociales et la société n'est que la somme des individus. Ainsi partant de là, je pense qu'il est possible de parler de soi sans que cela dérange et offense.Je suis né à Tokomadji, un petit village suspendu sur les bords du fleuve Sénégal, dans le sud de la Mauritanie. Au gré des affectations de mon père, nous allons faire beaucoup de villages du fouta-tooro: Koundel, Garli. Mais, c'est à Rindiaw que j'ai fait mes premiers pas à l'école des blancs.C'étaient des moments d'insouciances et de grandes libertés passés sur les berges du fleuve, à regarder le vol plané des oiseaux au dessus des eaux bleues, à contempler sur le versant des collines le soleil au crépuscule mourant. Mais cet esprit simple, fragile et juvénile était marqué par d'autres choses qu'il ne comprenait pas, qui avaient des contours mystérieux et profonds: c'était quoi ces ombres qui se déplaçaient comme des fantômes quand le village dormait? Qu'étaient ces voix qui murmuraient dans le silence de la nuit? C'était quoi ce bruit sec de pneu de voiture sur le sol? Je me demandais pourquoi mon père parlait, et discutait tant?C'est plus tard, dans la ville de Kaédi, que beaucoup appelle la capitale de bossoya, avec la maturité et avec les événements socio-politiques de mon pays que, j'ai eu des réponses à ces énigmes, qui avaient marqué mon enfance, j'ai compris que quelque chose n'allait pas bien dans mon pays !!!C'est dans cette ville plus au moins cosmopolite, mais où demeuraient encore quelques traditions peules que j'ai fait mon collège, mon lycée. Après l'obtention du baccalauréat, je m'inscris en philosophie à l'université de Nouakchott. C'est à Cheikh Anta Diop de Dakar, que j'ai obtenu mon DEA de philosophie sous la direction de Abdoulaye Elimane kane et de Souleymane Bachir Diagne. Depuis 2003, je suis en France où j'ai poursuivi des études de sociologie, de linguistique peule et de relations internationales. En ce moment, je cherche du travail et je vis à Paris
Ne dit-t-on pas que l'homme est que le produit de son environnement ? Car,c'est celui là qui le façonne, qui le détermine et le conditionne. Il est rare et très difficile de se soustraire du poids de son environnement naturel, social, culturel, linguistique, politique, et économique. Notre façon de penser, notre façon d'agir, et tout notre devenir prend, généralement racine dans cet environnement qui nous a modelé, instruit et éduqué. En ce qui me concerne, l'univers familial et la réalité sociale et politique de mon pays en seront les facteurs déterminants dans ce qu'est aujourd'hui ma personnalité et dans mes agissements politiques et disons par ricochet dans mon attachement vis-à-vis du pulaaku. Mon père fait parti du mouvement Al-Falah qu'avait fondé le grand marabout El Hadj Mahmoudou Bâ, dans les années 1942, dont la philosophie se fondait sur un islam éclairé, progressiste, basé simplement sur la Tawhiid et la Sunna. Ainsi dans le programme, étaient intégrés des matières comme les mathématiques, la physique, l'histoire, la biologie, la philosophie... Ce mouvement comme vous le savez a produits des illustres hommes comme l'historien Abuu Bakri Kaaliidu Ba qui a écrit le livre sur "cheek umarul fuutiyu", Jiggo Tapsiir, ancien ministre qui est mort dans la sinistre prison de waalata, Yero Dooro Jallo, l'auteur de: ndikkiri jom moolo, et autres grandes personnalités qui ont joué de grands rôles sur plan politique et culturel.Mon père faisait parti de ce groupe qui avait eu la chance de mener leurs études dans la grande université d'Al-Azhar au Caire en Égypte. Ils seront à l'origine de ce grand mouvement pour la renaissance et l'apprentissage de la langue peule. Ils participeront beaucoup, dans les luttes politiques, en ce qui concerne la Mauritanie, pour que le pouvoir politique, économique et culturel ne s'érige pas au dépend de la communauté de noire. Cette lutte identitaire, culturelle, et politique marquera toute la vie de mon père. Et cette lutte ne s'est pas faite sans douleur et sans peine.Ainsi, à la maison, tous les sujets sont traités, discutés, rediscutés, mon père, et ses amis ne s'en lassaient jamais. En vérité, ils menaient le combat à leur manière, en tentant et en cherchant constamment à poser les meilleures stratégies pour contrecarrer le système agressif et négationniste arabo-berbére. C'est dans cette atmosphère que j'ai grandi, que je me suis forgé une conscience politique et a commencé à m'interroger sur l'importance de mes valeurs identitaires. Car comme on dit en peul "ŋatɗoma siftiniima aɗa jogii nyiiƴe"; "celui qui te mord, te rappelle que toi aussi, tu a des dents". Les événements de 1986 (arrestation des intellectuels noirs, suite à la publication du manifeste négro-mauritanien opprimé), de 1987 (exécution de ba seydi, sarr amadou, sy saydou suite à une découverte d'un début de coup d'État), de 1989 (déportations, spoliation et humiliations que l'État avait exercé sur la population noire) et enfin de 1991 (exécution plus de 500 militaire négro-africains par leurs congénères arabe-berbére), ont fini simplement par me convaincre, pour résister, il faut "s'opposer en se posant", comme le disait l'Autre. Poser son identité culturelle, sa singularité linguistique, sociale, politique avec constance et rigueur.D'ailleurs, c'est quelque chose de connu dans l'histoire des civilisations humaines, des invasions, et des colonisations: il arrive des moments où l'oppresseur rend toujours service à l'oppressé. De part ses attitudes indignes, mesquines et arrogantes, l'oppresseur renvoit à l'opprimé son propre image:ce dernier va commencer à douter, à s'interroger, à s'étonner et sa conscience rentre dans un processus de remise en question. Ainsi de sa conscience angoissée naîtra une conscience révoltée.Cette réalité douloureuse m'a poussé à m'engager très tôt dans le domaine associatif: les cours de pulaar, les cours de soutien, les représentations théâtrales, l'organisation de conférences remplissaient nos journées durant les grandes vacances d'été. Je fus aussi porteur de pancarte et militant dans des partis politiques.C'est dans cet engouement pour m'affirmer, affirmer mes valeurs identitaires, que j'avais décidé en mon année de maîtrise de philosophie de travailler sur un sujet qui en rapport avec la culture peule, notamment en abordant la question de l'ésotérisme dans le milieu haalpulaar. Une façon de voir, ce que la culture peule a produit comme savoir dans la saisie et dans la compréhension des choses. Une année plus tard à Dakar, je travaille sur: la notion de temps et de l'espace dans la pensée mythique. Dans cette étude, le but était de comprendre comment la culture peule interprète, définit le temps et l'espace. Depuis, cet engouement pour la culture peule, ne fait que se solidifier et de se renforcer davantage en moi.
Qu'est-ce qui vous a inspiré d'écrire sur la misère de la femme peule ? Quelle est votre réaction finale après avoir lu toutes les multiples contributions de par le monde à propos du thème de la misère de la femme peule ?
Je suis né et j'ai grandi dans le Fouta-tooro, j'y ai vécu non seulement en tant que fils d'un instituteur, mais aussi, en tant qu'éleveur et cultivateur. J'allais très régulièrement dans la bourgade de mes grands parents, qui, eux non jamais fait l'école. Pour dire que je connais bien les maux qui gangrènent ma société et par conséquent qui la paralyse. Elle a été toujours un laboratoire et un terrain d'observation directe pour moi. La société pulaar du fouta-tooro est hiérarchique et pyramidale. Malheureusement, cette hiérarchisation de l'ordre social ne renvoit pas, non seulement, à une division de travail classique; mais aussi à une hiérarchisation des valeurs et des dignités humaines: ici l'homme n'a de valeur qu'en fonction de son origine castale. Et les conséquences de cette structuration, nous les voyons tous les jours dans nos mosquées, dans nos associations, dans nos partis politiques, dans nos mariages. Combien d'hommes et de femmes sont ridiculisés, humiliés et blessés dans ces espaces, parce que tout simplement ils n'ont pas cette "essence noble" ? Combien de projets d'amours, de compétences intellectuelles gaspillés, parce que tout simplement ils ne répondent pas aux vœux de l'ordre social ?Ces discriminations qui se trouvent dans l'ordre social ne laissent pas en marge la femme. Elle peut être doublement victime, notamment de par son caste et de part son sexe. La société peule qui est très phallocratique ne permet pas à la femme d'accéder à certaines privilèges. Donnons un exemple dans le domaines de l'éducation traditionnelle axée sur l'islam: dans tous les villages du fouta-tooro,vous trouverez de grands foyers pour l'enseignement du coran, si vous observez de prés, vous constaterez que, la participation des jeunes filles est très minime, voire quasi inexistante. Interrogeons nos mères, nos sœurs, nos tantes et nos épouses, vous verrez à peine, si elles savent lire ou réciter grand chose dans le coran, à plus forte raison de connaître les grands principes et fondamentaux de leur religion. Pourquoi nous n'avons pas eu des Souleymane ball, des Elhaj oumar et des Abdoul bocar kane femmes ? Pourtant voilà des siècles que l'islam est bien établi dans le fouta-tooro. En vérité, il n y a pas eu une éducation de masse, concernant les filles, comme si demain, devant Dieu, elles ne vont pas répondre aux conséquences de leur acte comme les hommes. Là aussi il faut s'interroger sur la responsabilités de nos marabouts. Mais qui en parle ? Personne !!!
Dans l'éducation moderne, elles sont les moins à aller à l'école et les premières à abandonner les bancs. Pourquoi ? Parce que tout simplement elles sont écrasées sous le poids des considérations sociales et culturelles. Ne dit-on pas dans le fouta-tooro: "faayida debbo ko reseede","l'honneur de la femme est dans le mariage","jaŋde debbo yahata","les études d'une fille ne vont pas loin". A ce niveau encore, la société se rend-t-elle compte des erreurs qu'elle est entrain de commettre en négligeant ces génies, talents et intelligences que portent nos filles ? Alors Aragon disait que "la femme est l'avenir de l'homme". L'article sur : la misère de la femme est inspiré, en partie de cette réalité. L'autre partie est beaucoup plus douloureuse, car beaucoup de femmes battues, divorcées et maltraitées venaient se confier dans le silence de la nuit et dans un grand sanglot leur misère à mon père. Un jour une femme se présente, elle avait le dos lacéré, partout des lambeaux de peaux mêlés de sang, l'homme en s'en prenant à elle avait usé des fils électriques (boggi courant, disait-on). La nuit mon père convoque le mari et lui demande les raisons de cette abominable acte. Celui-ci lui répond, qu'en mangeant la femme laissait échapper des graines de riz sur le sol (so mo nyaama omo rufa marro). Mon père lui dit et ensuite... L'homme continue,cela ne m'a pas plu je me suis pris à elle. Mon père lui a dit tan (seulement) ? Il répond tan (seulement) ! Mon père lui dit, tu sais, à l'époque où nous sommes, les hommes se concurrencent beaucoup pour aller sur la lune, savoir ce qui se passe au fond des mers, bref faire des découvertes qui peuvent servir l'humanité plutôt que de se mettre à battre leur femme.
L'homme ne savait quoi répondre, il eut très honte et baissa la tête.
A Dakar, je lisais beaucoup des faits divers, beaucoup de choses se passaient, concernant les femmes où les relations entre femmes et hommes dans les villages de Bounndou, dans les environs de Thiès et du Sénégal oriental vers Tambacounda. Ces faits divers en disaient long sur ces pratiques. A mon arrivée en France, j'étais stupéfé que certains actes continuent d'être perpétués au cœur même du pays des droits de l'homme:les femmes sont confinées dans les immeubles voilà, dix ans ou vingt ans, certaines n'ont jamais bénéficié des allocations de leurs enfants que d'ailleurs les maris utilisent pour se trouver une seconde femme, et les hommes ne leur permettent même pas de s'instruire, de se former aux métiers professionnels. J'étais étonné que certaines qui étaient là depuis les indépendances ne connaissent pas: la Tour Eiffel, le Musée de Louvre, château de Versailles et autres patrimoines culturelles françaises; elles sont là juste comme des statuts de bouddha hindou. Eskeey!!!Quant aux réactions, l'objectivité de certains m'a beaucoup plu, je reconnais que certains mots sont durs, voire même blessants; mais je pense devant des maux qui soulèvent une question de vie ou de mort, il ne faut pas y aller avec la morale de Jésus, ni avec des feuilles d'olivier dans la main, il faut taper fort.Par contre, les critiques de certains me paraissent erronées, dans la mesure ou tout simplement, ils me font dire des choses que je n'ai pas tenu:j'étais loin de la généralisation et de la systématisation de ce mal au sein de la société peule. D'autres ont été à coté de la plaque, aveuglés par des idées révolues qui veulent faire des peuls une exception ethnique, culturelle et sociales: ceux là se trompent et il sont "entrain de semer les graines de leur propre destruction". Je ne serai jamais du coté de ces farceurs qui cherchent à enjoliver à embélire tout ce qui est dans la société et culture peule
Que pensez-vous de jamaa et de Tabital Pulaaku international ?
Pour jamaa, c'est un bon début, il est vrai, peut être,qu'il faut revoir et améliorer l'organisation. Surtout au niveau de la structuration des idées, des débats et des thèmes, j'espère qu'avec les réflexions qui sont déjà faites dans ce sens, apporteront de choses positives, dans le bon fonctionnement du service.En ce qui concerne le Tabital Pulaaku international, je pense qu'à ce niveau aussi, il faut féliciter son existence. Il est toujours important pour ceux qui se battent pour l'épanouissement de leur langue, de leur culture, de leurs identités sociales, voire économiques et politiques, de trouver un cadre de concertation, de discussion, d'élaboration de plans de stratégies et de moyens pour permettre aux projets envisagés de voir le jour.
Selon vous, Qu'est-ce que Tabital Pulaaku international devrait faire qu'il n'a pas fait ?
Je sais que ça fait partie de leur programme, mais je dirai, une chaine de Télévision où tout ce qui est culture peule, par extension africaine et mondiale sera diffusée.
Quels conseils donnez-vous à la jeune génération de fulBe d’aujourd'hui ?
Je vais m'aligner dans le même sens que la grande royale dans l'aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane, je dirai aux enfants d'aller en masse à l'école, d'apprendre à lier le bois au bois, s'il le faut même d'apprendre "à vaincre sans avoir raison". Car comme le disait Hampâté bâ: "soit à l'écoute, (…) tout parle, tout est parole, tout cherche à vous communiquer une connaissance". Mais pour que cet acquis en savoir soit vrai, solide et utile, il faut qu'il soit accompagné d'un d'esprit critique où seul le souci de l'objectivité doit prévaloir sur la force des passions et de l'instinct. En matière d'acquisition et de la production du savoir, la rigueur et le sérieux doivent être des principes sacrés. Il ne doit pas y avoir de violation, de transgression ni de concession, pour paraphraser Cheikh Anta Diop.Ensuite, de s'intéresser à leur propre culture et surtout à leur langue fulfulde. C'est un impératif qu'ils la parlent, qu'ils l'apprennent et surtout qu'ils se battent intensément pour que cette langue entre et s'impose dans les écoles primaires, dans les collèges, dans les lycées, dans les universités dans toutes les structures étatiques. Qu'ils prennent exemple sur les peuples asiatiques qui ont transformé leur conditions de vie et d'existence en apprenant leur langue à l'école. Il faut qu'ils sachent qu'il ne peut avoir de développement et d'épanouissement en prenant sa langue maternelle comme un épiphénomène. Mais toutes ces exigences doivent se faire dans un grand esprit d'ouverture et de tolérance. Nous sommes dans des pays et ensembles de nature multiculturelles et multilinguistiques,voire multiréligieuses;c'est pourquoi il est important d'avoir cet esprit, pour ne pas apparaître aux yeux de nos frères africains comme très ethnicistes, fermés au dialogue et à l'ouverture. De cette façon, nos pouvons participer à la stabilité sociale, politique de nos républiques et par conséquent au développement de notre continent africain.
Je dirai tout simplement de continuer cette révolution culturelle axée sur notre langue,qui avait commencé il y'a quelques siècles de cela, avec nos illustres marabouts du fouta-djallon, de l'Adamaoua, du fouta-tooro qui usaient le Adjami (le pulaar/fulfulde avec des caractères arabe) pour commenter le coran, et écrire leur message. Il est vrai beaucoup de pas ont été franchis, mais les défis sont encore nombreux, les obstacles sont partout et d'innombrables dangers guettent l'épanouissement de notre langue et celles de l'Afrique d'une manière générale. Pour exemple, la mondialisation qui est entrain de s'imposer est loin d'être multiculturelle et multilinguistique, dans sa course folle, elle écrase tout ce qui est faible et fragile. Nos langues sont absentes dans les espaces internationaux. Je me demande même si nos langues existent dans nos propre pays ????
?!!!!Cependant, n'exagérons pas l'ampleur des inquiétudes, aujourd'hui, avec le développement des NTIC (nouvelles technologie de l'informatique et de la communication), nous pouvons faire énormément de choses: enseigner et vulgariser nos cultures et nos langues via ces moyens.Par ailleurs nos États se démocratisent davantage, les espaces de libertés deviennent plus en plus souples et larges. Donc, nous pouvons nous organiser en société civile, dans des partis politiques, s'il le faut même mettre en place des lobby, pour contraindre nos représentants politiques, nos gouvernements et nos États à faire de nos langues leur priorité première. C'est pour cela, il est un devoir pour chacun nous de s'investir pleinement dans ce combat. Hoto mo tampi, hoto mo haaɓi haa naange pulaar yalmitoo e les subaka jalboowo ɓamtaare.Enfin, je vous remercie beaucoup de m'avoir permis de m'exprimer et surtout je vous félicite intensément dans votre lutte de tous les jours, pour l'épanouissement du fulfulde dans nos pays et dans le monde. On njaaraama!

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